Olala, j’ai bien conscience que ce n’est pas en utilisant du thé comme première image que je vais arriver à me démarquer du Salon Divinatoire, mon blog sur la divination, avec lequel j’ai prévu un article conjoint sur Mary Oliver.
Pour moi, ces deux blogs font partie d’une même entreprise, toutes deux ayant des aspects féministes : se réapproprier et montrer les cultures et pratiques longtemps laissés de côté et discréditées parce qu’elles étaient pratiquées par des femmes, mais aussi pratiquées par des femmes car on ne leur laissait pas d’accès aux moyens traditionnels du savoir. Comme le dit Virginia Woolf dans Une Chambre à soi, comment publier un livre en tant que femme quand on nous refuse même l’accès aux bibliothèques et aux autres ouvrages ? La misogynie fait date, Voltaire n’étant pas en reste sur ce point. Le savoir oui, mais pour les hommes, uniquement.
Bien que partiellement fictive, cette dissonance tragique trouve toute sa forme dans le roman de Tracy Chevalier, Prodigieuses Créatures, où la protagoniste se retrouve exclue du musée où est exposé le fossille révolutionnaire qu’elle a découvert après des mois à sillonner les plages en quête d’ossements.
Mais le réel est bien plus tragique : pendant la révolution, les femmes n’ont, en fin de compte, pas obtenu d’avantage de droits. En témoigne le sort d’Olympe de Gouges et sa tragique citation : condamnée pour ses idées sans avoir le droit de les exprimer dans la sphère politique, elle déclarera :
La femme à le droit de monter à l’échafaud ; elle doit aussi avoir le droit de monter à la tribune
Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, 1791
Déclaration qui lui vaudra du mépris à l’époque, la traitant de “virago” qui n’en serait pas arrivé là si elle s’était tenue à son rôle de femme au foyer plutôt qu’à s’occuper de politique.
Comme le disait Simone de Beauvoir, la lutte pour nos droits doit être permanente, car la moindre crise politique peut nous les voir retirés. Désespérée, je lutte, mais en attendant, j’espère montrer le travail de toutes ces femmes talentueuses qui peuplent le monde de l’art et que les critiques sont bien embarrassés de nous montrer après nous les avoir caché pendant tant d’années.
Barbara Ferreres

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